« Lorsque j’aime vraiment, j’accepte l’altérité »

Perspective, rétrospective, aperçu : Environ 100 jours après le changement de direction en Allemagne occidentale, les deux apôtres de district évoquent la diversité culturelle, les fusions d’Églises et leurs projets personnels.

Cher apôtre de district Storck, « Nous réussirons ensemble », telles étaient vos paroles à Dieburg avant votre mandatement en tant qu’apôtre de district pour l’Allemagne occidentale. Comment puis-je vous soutenir, en tant que simple membre de l’Église ?

Ma profonde conviction est que l’on ne peut pas réussir tout seul. Naturellement, je dois accomplir ma mission, je dois diriger, mais il s’agit d’une mission commune. Le membre de l’Église au niveau local me soutient par ses prières, par sa bienveillance et en s’impliquant au sein de la communauté.

C’est un grand défi de diriger une si grande Église territoriale. Où voyez-vous les priorités dans votre travail ?

Je vois comme ma mission de mettre en pratique ce que nous dit l’apôtre-patriarche et ce qui provient de l’assemblée des apôtres de district. Ensuite, nous devons réfléchir à la façon concrète de le faire dans chaque territoire. Cela peut être très différent au niveau de la procédure. C’est pourquoi je suis reconnaissant du soutien des frères sur place.

Cher apôtre de district Koberstein, lorsque vous jetez un regard rétrospectif sur votre temps en tant qu’apôtre de district, quelles évolutions voyez-vous comme des événements-clé ?

Je vois assurément un événement-clé dans le développement des relations œcuméniques. Beaucoup de choses ont convergé et nous sommes sur une très bonne voie. Mon sentiment est aussi que l’activité dans le cercle des jeunes est devenue plus intense. Cela me réjouit beaucoup ; également le développement au niveau des frères et sœurs qui accomplissent des activités au sein de l’Église pour lesquelles il n’y a pas besoin d’un ministère. Ils engagent leurs dons, leurs compétences.

Comment avez-vous réussi à répondre aux différents besoins culturels des frères et sœurs dans les différents pays ?

Pour moi, la meilleure clé pour toutes les différences culturelles est l’amour. Lorsqu’on aime véritablement les frères et sœurs, on trouvera toujours un moyen de réagir à la culture existante. Lorsque je les aime véritablement, j’accepte leur altérité.

L’apôtre de district Storck : J’aimerais ajouter : Ce qu’il faut apprendre, c’est à écouter. Il y a déjà tant de mauvaises décisions qui ont été prises parce qu’une situation avait été mal évaluée et que l’on n’avait pas écouté suffisamment longtemps et intensément. La plus grande erreur que l’on puisse faire est de donner l’impression que tout se passera immédiatement selon ses propres idées. Par conséquent, si l’on avance prudemment, si l’on écoute, on pourra prendre les bonnes décisions sur cette base. L’écoute et la compréhension sont très importantes.

Parlons de la fusion des Églises territoriales. Quelles en étaient les raisons ?

L’apôtre de district Storck : Les raisons, d’une part, sont l’évolution démographique. L’apôtre-patriarche a évoqué l’autre raison à Dieburg : il souhaite vraiment diriger l’Église de façon collégiale et en équipe, et il dit très ouvertement : il est plus facile de le faire avec quinze ou douze apôtres de district qu’avec cinquante.

L’apôtre de district e.r. Koberstein : La fusion des deux Églises territoriales est l’occasion de concentrer les forces, d’obtenir des effets de synergie – aussi bien au niveau administratif que pastoral.

L’apôtre de district Storck : Pour les choses administratives, il est important que nous profitions des effets de synergie. Pourquoi doit-on avoir à Francfort et à Dortmund, qui se situent à 220 kilomètres l’une de l’autre, un service dédié pour chaque branche d’une administration ? Il s’agit donc d’un processus tout à fait normal dans le contexte de nos ressources financières.

L’autre point : Les apôtres de district ne pouvaient pas non plus s’occuper de chaque détail d’une communauté dans les anciennes Églises territoriales. Dans la communauté, c’est le conducteur qui tient les rênes, il prend soin de la communauté, et le responsable de district dirige le district. Ceux-ci ont comme premier interlocuteur leur évêque ou l’apôtre.

Une fusion dans votre champ d’activité est-elle plus difficile ici, en Allemagne, que ce ne serait le cas peut-être en Afrique ?

L’apôtre de district e.r. Koberstein : Une telle procédure peut être difficile pour moi en tant qu’apôtre de district si je me considère personnellement comme important. Si je reste à ma place, que j’établis les bonnes priorités et je garde à l’esprit les enfants de Dieu qui me sont confiés, la mise en place d’une telle décision peut s’effectuer sans problème. Il est possible que certains problèmes apparaissent sur des questions spécifiques, mais tout cela peut être résolu.

L’apôtre de district Storck : Sur le plan géographique, les champs d’activité s’agrandissent, le nombre des communautés et des membres par apôtre ne changera pas néanmoins. En ce qui concerne les fusions, je vois plutôt un défi dans le fait qu’une partie des frères et sœurs connaît l’apôtre depuis longtemps et l’autre partie ne le connaît pas du tout. Ces frères et sœurs en particulier ont besoin d’une sollicitude particulière, jusqu’à ce que cela s’équilibre à nouveau.

En Hesse/Rhénanie-Palatinat/Sarre, certains champs d’activité d’anciens ont également été fusionnés. Au niveau de la base, les fusions vers des unités de plus en plus grandes sont parfois considérées d’un œil sceptique.

Lorsque le nombre des communautés dans un district devient trop petit, lorsque le cercle des enfants ou des jeunes devient trop petit, il devient utile et bon de fusionner certains districts. Il convient néanmoins de veiller à ce que les distances ne deviennent pas trop grandes. Les fusions ne doivent jamais aboutir à la négligence de certains frères et sœurs. Les frères et sœurs peuvent être assurés qu’avec les ministres de district, les apôtres et les évêques, nous réfléchissons très précisément avant de prendre une décision.

Cher apôtre de district Koberstein, à quoi ressemblent vos projets personnels pour votre retraite ?

Avant toute chose, j’aimerais avoir du temps pour ma famille, en particulier pour mes petits-enfants. La musique est l’une de mes passions. Jusqu’à présent, je l’encourageais, j’aimerais à présent à nouveau la pratiquer moi-même – d’une part instrumentale, d’autre part, j’aimerais prendre des cours de chant. Peut-être aurai-je aussi à nouveau le courage de composer des chants, comme je le faisais autrefois. Je voyagerai avec mes deux garçons chanteurs, je les accompagnerai peut-être au piano. Nous verrons bien.

Lors de votre admission à la retraite, vous avez souhaité que l’enthousiasme pour Christ soit préservé. À votre avis, où se situent les dangers qui feraient que l’enthousiasme diminue ?

Ils se situent par exemple dans les déceptions personnelles : Si la capacité à séparer les choses humaines de ce que Dieu accomplit par Christ se perdait, ce serait un danger. Je souhaite vraiment – et je le dis aussi avec l’enthousiasme pour Christ – que le regard vers l’amour de Christ et vers son agir soit préservé. Il restera alors l’enthousiasme, qui fera grandir la capacité de supporter parfois certaines choses qui ne sont pas bonnes sans pour autant immédiatement abandonner la foi en Jésus-Christ.

Que souhaitez-vous l'un pour l'autre ?

L’apôtre de district e.r. Koberstein : Mon plus grand souhait est de faire l’expérience que mes frères et sœurs aiment le nouvel apôtre de district de la même manière que je me suis senti aimé par eux. À l’apôtre de district personnellement, je souhaite la bénédiction, l’aide de Dieu et une grande mesure de sérénité empreinte d’une foi solide.

L’apôtre de district Storck : Je nous souhaite de garder le contact comme auparavant, de pouvoir continuer à échanger de temps en temps, de pouvoir nous voir et de ne pas nous perdre de vue.

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Frank Schuldt, Andreas Rother
11.06.2018