« J’ai été complètement chamboulée »

« Je suis une scientifique et une athée convaincue : Qu’est-ce que je fais ici ? Pourquoi est-ce que je ne manque aucun service divin ? Comment cela s’accorde-t-il ? » – Katja Krumm, de Steinen (Allemagne méridionale) relate le chemin qui l’a menée jusqu’à la foi.

« Mes yeux languissent après ta parole ; et j’ai dit, Quand me consoleras-tu ? » (Psaumes 119 : 82, Bible Darby 1991, NdT) – C’est sur la base de cette parole que j’ai été baptisée et scellée en juin 2009, à l’âge de 44 ans. Tout a commencé un an plus tôt, lorsqu’en athée convaincue, j’ai assisté à mon premier service divin néo-apostolique, en mai 2008. Cette seule année a chamboulé toute ma vie.

Même si la raison s’y opposait

L’occasion de participer à un service divin était un temps sombre, triste et apparemment sans issue. La mort subite d’une personne qui m’était très proche a tout simplement tout changé. À la recherche de consolation, j’ai suivi, deux jours après les obsèques, une impulsion inexpliquée, en cherchant sur Internet les trois lettres ENA, dont j’avais entendu parler peu de temps auparavant par un collègue de travail.

C’est ainsi que je suis venue au service divin. Par hasard, celui-ci était précisément célébré par l’apôtre. La prédication vivante et une chorale fantastique m’ont touchée. Et il y avait encore autre chose : Les personnes autour de moi m’ont abordée avec convivialité et m’ont invitée à revenir. Sans idée préconçue et avec joie, ils ont partagé avec moi ce qui était important à leurs yeux – l’amour du prochain sous sa plus belle forme.

Depuis ce jour, je n’ai pratiquement plus manqué aucun service divin. Toutefois, les premiers services divins étaient évidemment traversés de nombreux questionnements. Sceptique, j’ai entendu un tout nouveau vocabulaire : « Préparation de l’Épouse », « défunts », « Porteurs de bénédiction », « intercession ». Rien qu’à travers la musique et les cantiques, je ressentais doucement l’une ou l’autre réponse possible. Cela semblait être une bonne chose, bien que ma raison s’y opposât.

Chanter, une respiration et une compréhension

L’ancien conducteur de la communauté et son épouse m’ont invitée chez eux pour répondre à mes nombreuses questions. Certaines d’entre elles étaient tout à fait provocantes, emplies de rébellion et de doutes – ils m’ont néanmoins donné une réponse aimante et instructive à chacune d’entre elles. J’ai été intégrée dans la vie de la communauté – répétitions de la chorale, anniversaires, groupes de ménage, Saint-Sylvestre –, j’ai reçu de l’espace pour mes questions et j’ai récolté des réponses.

Ce qui était très convaincant pour moi, c’est que ce sérieux, qui m’a fait sourire au début, ne se limitait pas au service divin : j’ai vécu comment les frères et sœurs utilisaient leur conviction pour gérer leur vie quotidienne.

Le chant était comme une libération pour moi, une respiration, et l’est encore aujourd’hui. Il est l’élément par lequel notre Père céleste m’a trouvé et m’a fascinée, et par lequel il me parle encore aujourd’hui de façon directe et immédiate. À travers le chant, je ressentais l’importance des paroles, bien avant de les comprendre à travers la foi.

L’arrivée : les pièces du puzzle s’emboîtent

Un léger changement en mon fort intérieur s’est opéré – un calme paisible, une béatitude, l’arrivée. « Arrivée » – tel était le titre des premiers mois au sein de la communauté. Cependant, devais-je réellement accepter la foi ? Jusque-là, j’étais venue à bout de ma vie sans Dieu, je l’avais nié activement pendant de nombreuses années tout en tolérant les chrétiens que je connaissais (toutefois en les considérant comme étant un peu naïfs).

Dieu avait également une réponse pour moi, au sein de notre communauté : la veuve de l’ancien de district, une dame résolue, aimante et intelligente avec une grande force de la foi et une profonde compréhension de l’Écriture Sainte. Grâce à elle, le mot « foi » a été élevé, en mon for intérieur, tout doucement et de façon continue, d’un terme abstrait à un niveau personnel.

C’était comme si, petit à petit, les nombreuses pièces multicolores composées des expériences, des souvenirs et des valeurs de mon ancienne vie se mettaient à la bonne place pour former une image claire et simple. Cette exploration et ce tri de mon intérieur était une recherche de mon propre moi. Mes anciens ressentis, d’être futile, immature et non équilibrée, se sont transformés en affermissement intérieur.

Le « petit » baptisé

Ma décision d’accepter véritablement la foi est tombée le dimanche 19 avril 2009, au cours du service divin. C’était comme si un voile était tombé : Je voyais brusquement la chose nouvelle et en même temps familière en de multiples dimensions – clairement et distinctement, profondément et largement, reliant les choses anciennes, actuelles et à venir. À ce moment-là, j’ai su : Oui, je veux en faire partie.

Qu’est-ce que cela a changé dans ma vie ? En bref : tout. Cette nouvelle forme de profession de foi s’étend tel un fil rouge à travers le quotidien, aussi bien au travail que dans mon environnement personnel. Je considère les difficultés et les tentations comme un travail sur mon âme. Je dépose tout aux pieds de notre Dieu par la prière et je m’efforce de suivre mon chemin de la foi en regardant vers le but. Je considère les belles choses et les choses enrichissantes avec reconnaissance comme une grâce que Dieu m’offre par amour.

À cette époque, il était très important pour moi de savoir comment ma famille reflèterait ce changement totalement inattendu pour elle. J’ai ressenti – et je le ressens encore aujourd’hui comme tel – comme un cadeau particulier l’attitude de ma fille. Même si elle souriait souvent, elle ressentait malgré tout dans son cœur la gravité ainsi que le bien et la force qui émanaient de ma foi. C’est pourquoi il était très important pour elle d’être présente lors de mon baptême et de mon saint-scellé, le 3 juin 2009 ; à cette occasion, elle m’a tendrement surnommée « petit baptisé ».

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Katja Krumm, Dinara Ganzer
9.05.2017
Allemagne, Vie des communautés, Personnalité