Une foi, de nombreuses cultures : peu d’Églises territoriales incarnent autant cette devise que celle d’Afrique du Sud, hôte de la rencontre de Pentecôte 2026. Voici un aperçu de la « nation arc-en-ciel » et de ses voisins.
C’est l’archevêque Desmond Tutu, de l’Église anglicane, qui a utilisé l’expression « Rainbow Nation » au début des années 1990. Nelson Mandela a lui aussi repris cette métaphore lorsqu’il est devenu chef de l’État en 1994. Et la devise officielle de la République est : « !ke e : /xarra //ke ». Cette expression, issue de la langue /xam du peuple Khoïsan, signifie en substance : « Des personnes différentes, unies ».
La population peut être globalement divisée en quatre grands groupes ethniques : Noirs africains, personnes de couleur, Blancs et Indiens/Asiatiques. Chacun de ces groupes comprend à son tour d’autres sous-groupes. Parmi les Africains noirs, on trouve notamment les Zoulous, les Xhosas, les Ndebele, les Pedi, les Basotho, les Tswana, les Shangaan et les Venda. Et chacun de ces groupes possède sa propre langue et sa propre identité culturelle.
Un creuset de cultures
Le groupe des personnes de couleur est extrêmement multiethnique et se compose d’un mélange de descendants des peuples autochtones, d’esclaves originaires des Indes orientales et d’autres régions d’Afrique, ainsi que de colons européens. Parmi leurs sous-groupes, on trouve par exemple les Malais du Cap et les Griquas.
La population blanche est composée de descendants de colons anglais, néerlandais et allemands ainsi que de huguenots français. Quant aux communautés indiennes et asiatiques, elles descendent de travailleurs sous contrat et de commerçants originaires d’Inde, de Chine et d’autres pays d’Asie.
À ce melting-pot s’ajoute le fait que de plus en plus de migrants venus d’autres pays arrivent en Afrique du Sud à la recherche d’une vie meilleure.
Les rois préservent le patrimoine culturel
L’Afrique du Sud compte douze langues officielles, et plusieurs autres langues sont en lice pour obtenir ce statut. Bien que l’anglais puisse être considéré comme une lingua franca , ce n’est pas la langue la plus répandue. Et il y a des provinces où l’on ne va pas loin en parlant seulement cette langue.
Le gouvernement sud-africain reconnaît certaines royautés traditionnelles, et ces chefs traditionnels perçoivent un salaire versé par l’État. Bien qu’ils n’exercent aucune fonction exécutive, ils sont spécifiquement chargés de préserver le patrimoine culturel, les coutumes et les valeurs traditionnelles.
Les conséquences du passé
Les membres de l’Église néo-apostolique sont issus de cette diversité d’origines ethniques, mais aussi de milieux socio-économiques très variés. Cela est indissociable de l’ancien régime de l’apartheid, avec sa ségrégation raciale et ses discriminations.
Le fossé entre les riches et les pauvres est l’un des plus importants. Cela se voit notamment dans le domaine du logement, où les riches vivent dans des résidences qui rivalisent avec les plus luxueuses du monde, tandis que la majorité de la population vit dans des bidonvilles, dans des cabanes qui leur servent d’habitation. Le taux de chômage officiel avoisine les 33 %, et il est encore plus élevé chez les jeunes. Beaucoup voient dans le gangstérisme et la criminalité, qui ne cessent de se répandre, la seule issue possible.
Une Église, encore plus de cultures
Mais la diversité culturelle ne s’arrête pas là : en effet, le champ d’activité d’apôtre de district d’Afrique australe ne comprend pas seulement l’Afrique du Sud, mais aussi le Botswana, la Namibie, Madagascar, le Mozambique et les îles dans le sud de l’océan Indien. Et chaque pays a, à son tour, sa propre palette.
Prenons l’exemple du Mozambique : la population locale se compose d’un mélange hétérogène de groupes ethniques africains autochtones ainsi que de minorités d’origine européenne, sud-asiatique et métissée. Si le portugais est la langue officielle du pays et la lingua franca au sein du gouvernement, des médias et du système éducatif, on dénombre plus de 40 langues bantoues autochtones. Le pays est en proie à une extrême pauvreté et à de grandes inégalités ; on estime que 60 à 70 % de la population vit en dessous du seuil international de pauvreté.
Cette diversité était mise en avant dans un chant spécialement composé pour la fête internationale de la Pentecôte 2010 au Cap. La devise de la rencontre était la suivante : Un seul esprit, un seul objectif ! À la fin du service divin célébré par l’apôtre-patriarche Wilhelm Leber, la chorale avait entonné un cantique dont les paroles disaient : « À partir de sources diverses et pour des raisons que l’on ignore, tu rassembles ceux qui considèrent ta présence comme leur foyer. »
Photo: zhongyou – stock.adobe.com